été irlandais

ratiocinations et digressions

Ouais, bon, c'est ça aussi un blog, vous faire chier avec mes photos de vacances. J'ai le droit je suis chez moi.

Donc oui, avec mon épouse on a décidé de faire faire la traversée par IrishFerries à notre vieille voiture avec la famille dedans. Un voyage en Irlande avec une semaine à Dublin et une autre sur la cote atlantique sud.

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Pour la petite histoire, j'ai découvert Dublin il y a un peu moins de trente ans, en voyage linguistique à 17 ans. Je n'ai pas gardé un souvenir précis de la ville que j'ai entièrement redécouverte cet été. Mes seuls souvenirs émus sont liés aux Fish&Chips et à la Guinness, cette bière qui se mange et se boit tout à la fois, aussi dense qu'elle est légère (elle tire à 4.5° seulement !), pas besoin d'aller chercher plus loin mon amour des bières de soif.

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La traversée a été assez paisible, c'est chouette cette nuit sur le bateau au large des cotes, j'ai été surpris de découvrir un peu le mal de terre jusqu'à 24h après le trajet mais rien de grave. On découvre sur le bateau un ecosystème très spécial, fréquenté dans les deux sens par (à vue de nez) 80% d'irlandais en familles nombreuses. Plein de petits Weasley courant dans le bateau avec ses bistrots, ses pubs, ses boutiques...

L'irlande est bien l'enchanteur spectacle de la nature promu par Tomm Moore, un concentré de paysages de montagne et de mer, des gens chaleureux, des balades inoubliables. Par contre nos chaussures de marche étaient en général trempées 30mn après le départ, le sol tourbé étant gorgé d'eau, ça n'est pas pour rien que tout est si vert... Le temps est aussi très changeant, "It changes every twenty minutes" nous a dit un Irlandais, il est donc indispensable de se trouver un système d'habits à géométrie variable, pouvant passer du froid venteux aux lourdes averses en passant par le cagnard le plus etouffant en quelques instants. Je n'ai jamais mieux compris l'usage du parapluie téléscopique. J'ai vu des gens en vélo sur le Ferry et je trouve cela très courageaux, outre que l'Irlande est un pays très valonné, plein de montées et de descentes, les routes sont étroites, on y roule à gauche et les petites départementales permettent une circulation à 100km/h ! Respect aux deux roues...

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Bon. Pas grand chose d'autre à ajouter, je n'ai pas spécialement pris le temps de dessiner en Irlande, je me suis un peu rattrapé avec les vieilles maisons de la Charité sur Loire.

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On a ramené un souvenir d'Irlande : une tête de mouton. Il y en avait deux aux alentours proches de la maison, on a pris celle qui nous semblait la plus belle, en espérant qu'elle n'avait pas pour l'éleveur un usage particulier (éloigner des prédateurs, épouvanter le troupeau ?). Un petit rappel pour une des plus chouettes balades qu'on ait fait cet été, sur la presqu'île de la Sheep's Head.

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Winsor McCay à Cherbourg-Octeville

nues et piédestaux

Je dois l'avouer, je suis un peu comme Watterson et Thompson, je préfère la fantaisie graphique d'Herrimann à la virtuosité de Winsor McCay. Le dessin pompier de cette sorte de précurseur du surréalisme m'a toujours laissé de marbre - comme le surréalisme d'ailleurs.

I feel the same in admiring but not loving Nemo. It's wonderfully imaginative visually, but I find the strip very thin. The setting is always more interesting than the characters.
Bill Watterson, The Art of Richard Thompson, sept 2013

Néanmoins, balise dans la bande dessinée internationale, pionnier du dessin animé, c'était bien le moins, passant par Cherbourg, que d'aller voir l'expo qui se tient encore jusqu'à octobre au musée Thomas Henry du centre ville.

L'exposition, conçue et organisée par le duo celebri-belgi-ssime Schuiten et Peeters, est perdue au fond du dernier étage du musée, après la salle des marines et sculptures du XIXe. Elle commence par une petite contextualisation du dessin de bande dessinée aux États-Unis au début du XXe avec des planches de McManus ou de Rudolph Dirks.

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On a ensuite une introduction aux dessins de Winsor McCay avec ses deux principales séries d'avant Nemo : Little Sammy Sneeze et Dreams of the Rarebit Fiend. Dans la première, toujours en demi-planches on a les débuts du caractère répétitif et du principe de déclinaison, un petit garçon qui finit toujours par éternuer et déclencher des événements.

Dans le second, McCay va décliner de manière incroyable un univers de cauchemars, de rêves démesurés et délirants. Le titre a été traduit en français en "Cauchemars des amateurs de fondue au Chester". Dans le Nord, on connaît bien le Welsh "Rarebit", spécialité locale par le biais de la proche Angleterre. Le Rarebit est une tranche de pain recouverte de fromage fondu (du Cheddar en fait). Winsor McCay imagine donc les rêves agités de personnes qui ont abusé d'un plat trop riche pour les laisser dormir tranquillement sur leur digestion. Cette série sera encore plus riche que celle de Nemo, comportant plus de 900 planches quand Nemo en accumule 546.

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Elle préfigure aussi Little Nemo in Slumberland par la fantaisie incroyable des situations imaginées.

L'expo est riche de planches originales, d'impressions originales (les couleurs étant réellement faites à l'impression sur les indications de l'auteur) et de projections d'extraits des films de McCay, avec quelques uns de ses derniers dessins de presse.

Elle est bien explicitée par de courtes vidéos de Benoit Peeters ou François Schuiten qui contextualisent la vie du dessinateur.

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Alors certes McCay était virtuose, c'était même un phénomène de foire au sens qu'il a gagné sa vie en dessinant dans des parcs d'attractions, même au sommet de sa renommée il a fait des spectacles où il dessinait en direct, c'était un performeur hors du commun, un petit homme d'un dynamisme incroyable. Il possédait à la perfection l'art de la perspective à deux ou trois points de fuite. On mesure en faisant cette exposition ce que le reste de l'art populaire lui doit, de Moebius à Miyazaki en passant évidemment par Schuiten ou par Disney et Plympton. Machines volantes, changements d'échelles, animaux fantastiques, villes labyrinthiques, poésie visuelle...

On est bien sur frappé par le sens de la mise en page des pages géantes de Little Nemo, hélas difficiles à reproduire car supportant mal la réduction. J'ai été frappé par la technique graphique de McCay, sa manière d'encrer de manière très lâchée, presque négligente dans la finesse avec ce trait plus épais qui fait ressortir les personnages et la profondeur des décors et structure la planche. La "négligence" des textes m'a aussi frappée, les bulles étant souvent mal formées, les textes collés aux bords comme si leur place était improvisées dans une surface où tout semble organisé.

L'utilisation des techniques d'impression est aussi incroyable, utilisant la séparation quadrichromique, isolant parfois le petit Nemo, seul sur la couche noire, exploitant les trames comme Chris Ware le fera, faisant des effets avec l'aide des techniciens des imprimeries des journaux.

Je n'ai pas compté mais l'expo rassemble une bonne vingtaine de planches originales, plein format. L'originalité c'est aussi que l'expo est sonorisée, de petites enceintes placées au dessus des planches diffusent une musique composée spécialement pour l'expo par Bruno Letort, des carillons tintinnabulant ou des boucles de percussions discrètes qui ajoutent à l'expérience et accompagnent la visite.

Avec l'expo Thomas Nast que nous avions vue l'an dernier à Strasbourg au Musée Tomi Ungerer, on mesure la virtuosité des dessinateurs américains, maîtres dans la représentation réaliste, exprimant avec force les principes allégoriques, les espaces à bâtir, jouant des proportions humaines. J'y vois comme une filiation avec Scott McCloud et son Sculpteur récent ou avec Chris Ware évidemment et son oeuvre si atypique. Pas forcément toujours ma tasse de thé mais bon sang que ça fait plaisir de voir tout ça en vrai !

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Ma question c'est pourquoi à Cherbourg ? Certes les commissaires font le lien avec les voyages transatlantiques partant de Cherbourg pour relier l’Amérique mais perdue dans le nez du Cotentin, ce petit bijou d'expo mériterait de se nicher dans une capitale, Paris ou Bruxelles. J'espère que le matériel pourra circuler un peu pour prolonger et élargir son public, elle le mérite et je la revisiterai avec plaisir, ma visite ayant été un peu bousculée par la pause repas du personnel.

Un luxueux livre géant a été édité, 590€ pour les amateurs, sinon le petit catalogue disponible à cinq euros reprend les textes explicatifs des vidéos et des cartels, conçu par Bernard Mahé, célèbre collectionneur de bande dessinée, éditeur et galeriste. Tout à fait suffisant.

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Il ne faut pas confondre bande dessinée et cinéma d'animation, bordel de merde ! Même si des fois... bon, il y a des exceptions...

ratiocinations et digressions
Je n'ai jamais fait mystère du mépris que m'inspire la confusion entre les deux domaines cités en titre. Pour beaucoup de gens, la BD et le dessin animé c'est kif-kif bourricot, bonnet-blanc et blanc bonnet (oui : j'aime bien les expressions désuètes), souvent désignés tous deux par l'appellation de "p'tits miquets".Il ne viendrait à l’esprit de personne de confondre photo et cinéma, boulangerie et pâtisserie, fumisterie et couverture.. même si évidemment ces binômes ont des choses en commun (le fumiste s'occupe des cheminées, le couvreur des toits, je dis ça pour ... non.. bon...).
 
P'tits miquets et petits Mickeys
 

Les liens qui existent entre ces deux domaines que je chéris indépendamment (bande dessinée et cinéma d'animation) sont - il faut l'avouer - parfois ténus. Mais ils disposent de particularités qui leurs sont propres. Et ceux qui veulent les rapprocher et participent à les confondre le font pour de mauvaises raisons : principalement par ignorance, dédain, mercantilisme et/ou frilosité intellectuelle. Je m'explique par la suite.

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Mais il m'est arrivé une expérience assez troublante en février dernier : je suis allé au festival Anima de Bruxelles (ville importante pour ces deux arts s'il en est) assister à deux conférences passionnantes et consécutives qui m'ont fait mettre un peu d'eau dans mon vin : on y entendait Arthur de Pins parler de son adaptation de Zombillenium en long métrage et Benjamin Renner évoquer l'adaptation en trois courts métrages du Grand méchant renard et de son album un bébé à livrer.

Ces deux auteurs, français en Belgique, qui sont à la fois auteurs de BD et animateurs/décorateurs/réalisateurs, ont évoqué leur travail d'adaptation avec intelligence et j'ai été pour une fois convaincu que le passage d'un support à l'autre pouvait s'envisager pour autre chose que des mauvaises raisons.
 
Commençons si vous le voulez bien par définir deux trois bricoles sur ce qui différencie animation et bande dessinée, des fois qu'un journaliste passe dans les parages...
 
Une bande dessinée - dans la majorité des cas - est une surface discontinue. Les pages se juxtaposent, simultanément (page de gauche et de droite) ou en séquences qui se suivent (les pages qu'on tourne et qu'on ne voit donc pas toutes ensembles) on trouve d'ailleurs le terme un peu pédant d'art "séquentiel" pour qualifier la bande dessinée. En bande dessinée, le temps est espace. C'est en parcourant les pages des yeux que le récit se déroule. MAIS et c'est là que se niche selon moi toute une part de la singulière beauté du média, on en a également une vision globale et simultanée. Il y a d'incessants passages entre la partie et le tout, la case et la page, le phylactère (la bulle de texte), l'onomatopée et le dessin, les mêmes personnages sont présents plusieurs fois dans la page dans des positions et des angles différents...
 
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N'oublions pas non plus que le livre est un objet, autonome, avec sa matérialité sensuelle, son poids, sa taille, son épaisseur, l'odeur des encres... Je ne vais pas vous faire un cours que je serais de toutes façons bien en peine de construire (relisez l'Art invisible de Scott McCloud) mais juste montrer quelques exemples piochés dans des parutions récentes.
 
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Dans Mort & Vif, le dessinateur David Prudhomme fait des pages aux cases séparées d'un simple trait. Si j'ai par ailleurs assez peu gouté l'album en tant que tel, j'ai apprécié l'ingénieux jeu graphique qui fait correspondre les lignes d'une case à l'autre formant cette impression d'imbrication et de continuité. Les lignes de vitesse se transforment en rayures du pantalon, le volant se termine par l’œil d'un personnage de la case du dessous. Je ne sais pas trop l'effet que cela donne, probablement que ça contribue à accentuer le propos étrange de l'histoire.

Dans Imbattable, Pascal Jousselin joue sur les passages entre les cases, un peu comme Goltib ou même Töpffer en leur temps.

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Dans la planche de Bouzard extraite de son livre sur le Rubgy (avec Olivier Bras), le phylactère de la case 2 masque le personnage de droite qui apparait dans la case 3 et dévoile un gag. C'est simple mais efficace puisque le cadrage reste à peu près le même et que le discours s'éclaire par un élément qui se révèle.
 
On ne va pas soliloquer sur les procédés mais juste préciser que ces éléments - parmi tant d'autres (la case finale qui incite à tourner la page, le texte qui est DANS l'image, le format des cases qui varie selon les effets voulus, etc) -  NE SONT PAS transférables à un autre médium. Et ces potentialités ne sont pas récentes, elles ont été explorées de tous temps et dès les débuts du médium, relisez Töpffer, Herriman ou McCay !
 
Même en littérature, l'auteur se préoccupe peu de mise en page. Que tel mot termine la page ou qu'un paragraphe soit présent au milieu d'une autre n'est pas des préoccupations d'un romancier, à part peut-être des Oulipiens.
Seule la poésie pourrait donner une forme d'équivalence avec ses rimes et sa forme fixe.
Le livre de bande dessinée est donc un tout, une histoire, une œuvre, séparée en pages, en cases. Le texte et l'image sont imbriqués donnant le meilleur des deux univers, texte et dessin.
 
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Selon moi une des grandes réussites du genre de ces dernières années est un livre d'Alex Baladi, édité chez The Hoochie Coochie : Renégat. Le livre est un superbe récit, tout en noir et blanc,  témoignage de pirate converti raconté dans des entrelacs de bulles et de cases, de témoignages et de flashbacks (Ho.. un terme cinématographique !), de pages chargées ou d'une grande blancheur. La beauté du noir, la qualité du papier, le travail des lettrages de ce livre qui commence par un simple trait au milieu de la page m'ont enchanté.
On peut sinon évoquer le génial Building Stories de Chris Ware, collection de livres de tous formats assemblés dans une boite, tournant autours d'un thème commun... Deux œuvres en tout cas totalement indétournables de leur support premier.
 
Autre particularité de la bande dessinée, c'est un art de solitaires. Si on excepte les travaux des studios (Hergé, Peyo) ou les armées de dessinateurs américains impliqués dans la fabrication d'un comics ou mêmes les ateliers de Mangakas (bon... ça fait un peu beaucoup d'exceptions) l'auteur peut n'être qu'une personne seule, ou il peut n'y avoir que très peu de personnes impliquées dans la réalisation d'un album (dessinateur, scénariste, coloriste). En tous cas rien à voir avec la quantité nécessaire à la réalisation d'un film d'animation, un des critères qui en font une industrie particulièrement dispendieuse. Encore une fois il y a des exceptions, beaucoup de réalisateurs d'animation travaillent seuls mais ils sont plus rares et même Sébastien Laudenbach (la Jeune fille sans mains) ou Bill Plympton ont besoin de musiciens, de comédiens pour incarner les voix, de producteurs, d'assistants ou de coloristes.

Ça veut dire qu'une œuvre de BD complète, complexe, peut émerger de moyens modestes ; de papier et d'encre.

Le solitaire, c'est aussi le lecteur : rares sont les expériences de lecture collective. La BD permet de lire à son rythme, le spectacle se déroule pour soi, juste pour soi, il est en ce sens une relation assez privilégiée entre l'auteur et l'amateur de l'oeuvre, relation elle aussi séquencée puisqu'elle peut s'arrêter et reprendre au gré de la lecture.

 
Le cinéma d'animation, bin hé... c'est du cinéma. Une industrie difficile à contracter, il faut souvent un paquet de monde pour aboutir à la finalisation d'un film et un film est conçu pour être une oeuvre qui s'apprécie en collectivité ; la salle, les téléspectateurs, la famille..
Au cinéma le temps c'est du temps - même s'il peut s'y dilater ou s'y compresser.
Le cadre donne bien des notions de surface mais pas différentes de chez Orson Welles. Si les moyens et la liberté sont plus grands en animation qu'en prise de vue réelle - on peut faire parler des animaux, faire exploser des planètes, voler des baleines et des dragons - grosso modo on a un langage filmique qui à mon avis domine le langage graphique, même s'il y a évidemment des exceptions (les écrans séparés chez Driessen, les pellicules grattées de McLaren, l'écran d'épingle...).

Pourquoi donc confond-on bande dessinée et cinéma d’animation ? Pourquoi se télescopent-ils ? Pour de mauvaises raisons la plupart du temps.

 

Shebam, pow, blop, wiiiz !
Selon moi la principale serait marketing.
En 2015, 28 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés (rapport ACBD).
Pour lever des fonds (il en faut donc beaucoup pour faire un film ou une série d'animation), on considère qu'une bande dessinée ou une série de bande dessinée avec un personnage qui a déjà un public installé et un patrimoine scénaristique rassurera les investisseurs. Un peu comme une dot dans un mariage de raison. Mauvais calcul selon moi, les publics n'étant pas les mêmes et l'adaptation passant par des filtres qui altèrent ou modifient souvent la série originale, au niveau du style graphique et narratif.
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La célèbre adaptation des Schtroumpfs par Hanna & Barbera avait nécessité en son temps quelques adaptations dommageables : la magie du grand schtroumpf ne passait plus par des potions et des breuvages (imaginez qu'un spectateur s'empoisonne en voulant faire pareil) mais avec des poudres magiques plus inoffensives, il avait aussi fallu ajouter des personnages, humains ou lutins qu'on ne retrouvait pas dans la série de livres.
L'adaptation du petit Spirou me semble un bel exemple récent d'adaptation ratée. Le préquel nostalgique d'un gamin travaillé par ses hormones et tyrannisé par un prof alcoolo et un curé moraliste s'est transformé en une série qui a gommé tout rapport au sexe, a supprimé le personnage du curé et rendu le prof de sport sobre et non fumeur... Un comble. La série animée - qui a probablement des qualités intrinsèques (??) - n'a donc plus rien à voir avec la série de bandes dessinées dont elle est issue.
Au moins le long métrage qui sortira en septembre a l'air un peu plus "conforme"...
 
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Même quand l'adaptation est très respectueuse de l'univers original, comme dans les adaptations du studio Normaal du Gaston de Franquin on a un résultat mitigé. Il faut dire que faire bouger un dessin déjà très mobile quand il est statique revient à faire une surenchère avec laquelle le dessin n'est pas forcément compatible, une sorte de pléonasme, sans même parler de l'adaptation sonore d'un média muet... Sonoriser le gaffophone... non mais je vous demande un peu...
 
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Pensons aussi que les séries animées qui fonctionnent sont souvent adaptées en BD. Même les Kassos, série YouTube, a sa BD, dans le pire des cas ce sont même simplement des photogrammes des films qui sont assemblés pour faire un livre comme pour certains succès des studios Ghibli.
La BD devient un produit dérivé d'une production industrielle cinématographique, se confondant le cas échéant dans l'imaginaire des gens.
 
Ce qui entretient aussi la confusion c'est assez simplement que les auteurs sont parfois les mêmes. Pour des raisons économiques, les dessinateurs de BD sont amenés à exercer leurs talents dans le cinéma d'animation et inversement. Évoquons simplement Guy Delisle, animateur au générique du génial Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit, superviseur sur des séries comme Papyrus, auteur de bande dessinée par ailleurs. Ou les auteurs de LastMan, série de bande dessinée dont l'univers a été décliné en série animée (attention, il y a ici complémentarité des médiums, pas redondance), tous naviguant plus ou moins dans l'industrie du cinéma d'animation (Balak, Sanlaville, Vivès).

On peut aussi souligner que les formations en bande dessinée sont beaucoup plus rares que les formations en animation, des auteurs comme Bastien Vivès, Marion Montaigne ou Ugo Bienvenu pour ne parler que des jeunes générations, ont fréquenté les célèbres Gobelins en animation.
 
Ce que je retiens en ce qui me concerne c'est que si un film est réussi, il l'est différemment du livre dont il est tiré, même quand c'est par leurs auteurs comme pour Akira ou Persepolis, mais ici encore, je préfère - et de loin - les œuvres de bande dessinée à celles animées.
 

D'ailleurs la chose me choque moins quand il s'agit de passer d'une bande dessinée à un film, comme pour Mon ami Dahmer (bientôt au cinéma), Polina, le futur Valérian, Scott Pilgrim, 20th century boys, Poulet aux prunes ou Les petits ruisseaux, ces deux derniers étant même adaptés par leurs auteurs en personne. Le détournement me paraît plus radical et n'exploite que peu l'univers graphique préexistant.

 

La flûte à six schtroumpfs ou Astérix et Cléopatre sont-ils de bons films ?
Malgré tous ces exemples et contre-exemples je fais partie des gens qui considèrent qu'une bande dessinée N'A PAS BESOIN d'être adaptée à l'écran, que bien souvent il s'agit même d'une trahison avec un résultat infiniment inférieur à l’œuvre d'origine. Repensons aux adaptations animées de Tintin, Astérix, LuckyLuke, les Schtroumpfs, Titeuf...

Les créations qui utilisent avec intelligence le médium animé sont tellement enthousiasmantes (Gumball, Molusco, Purple and Brown, Shaun, South Park, Gravity Falls, pour ne citer que quelques séries...) qu'il me parait idiot d'aller détourner une œuvre du répertoire de la bande dessinée pour en faire un mauvais film ou une mauvaise série alors qu'il y a tellement de potentiel dans le média animé en LUI-MÊME.

Et donc en Février : paf... Le doute. Des gens intelligents et dont j'apprécie le travail qui me convainquent qu'on peut finalement faire une bonne bande dessinée ET un bon film sur le même matériau graphique et narratif.

La première conférence était celle d'Arthur de Pins, libre entretien avec Morgan di Salvia.
Bon. Je trouve franchement discutable que les conférenciers aient parlé 40mn sans montrer une seule image, un modèle de ce qu'il faut éviter dans une conférence de ce type. Évoquant ses débuts, Arthur de Pins à parlé pas mal de ses influences et premiers travaux. Bricoler un petit diaporama avec quelques images de Kiraz, de son premier film Géraldine, de ses illustrations érotiques ou de la révolution des crabes n'aurait pas été très compliqué, tout le monde dans la salle n'étant pas forcément au fait de ces références.

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Arthur de Pins a évoqué son début de carrière avec la déception de son second film, l'Eau de Rose, un film dont il a décrit la déchéance (et que j'avoue n'avoir jamais vu). Après le succès de Géraldine, il a facilement trouvé un producteur mais le film s'est embarqué dans des complexités, des jeux d'influences, de délais, qui ont abouti sur une réalisation ratée. Sélectionné dans aucun festival le film n'a eu aucun écho et De Pins a compris qu'il n'envisageait pas sa carrière dans l'animation si c'était pour passer trois ans sur un projet qui aboutissait à un tel fiasco. Il s'est donc redirigé vers l'illustration pour adultes, bricolant par ailleurs des petites choses avec Flash. Un de ces bricolages - la révolution des crabes - a fait un petit buzz sur le net et il s'est retrouvé à dériver le projet (à l'époque je me souviens qu'on parlait même d'un long métrage !) en une trilogie de bandes dessinées. A la demande du journal de Spirou il a aussi commencé une série pour Halloween avec des monstres qui tiendraient un parc d'attraction, Zombillenium.
L'opportunité de décliner l'univers de la série - qui s'est forgé un petit succès de librairie - en film d'animation s'est assez vite imposé. Pas forcément pour des raisons marketing d'ailleurs, mais plus parce que l'auteur ayant les compétences dans les deux domaines, il lui semblait intéressant de décliner l'univers pour l'ouvrir à un public plus large et puis tout simplement parce que l'opportunité s'est présentée, même si le montage financier n'a pas été si simple.
 
qui est touché ?
Ha oui, on n'a pas encore évoqué la chose mais le public qui voit ou lit une œuvre est souvent différent. Un succès de librairie, comme l'Arabe du futur de Riad Sattouf se vend à quelques 300 000 exemplaires. Mais ce succès sont très peu nombreux et la plupart des albums ne se vendent pas à plus de 10 000 exemplaires. Même si la Tortue Rouge tourne à 380 000 spectateurs en France et que Dofus atteint à peine les 90 000 spectateurs, ça sera - hélas - toujours plus que ce que toucherait un livre, surtout qu'un petit succès peut facilement atteindre le million de spectateurs.
Ce que j'ai trouvé passionnant dans la conférence Zombillenium c'est que son auteur a parlé de la nécessité de réécrire la série pour le médium spécifique du cinéma. Le personnage principal de la série de bande dessinée, considéré comme d'un caractère trop passif, ne pouvait selon son auteur s'adapter au rythme d'un film. Il a donc réécrit complètement le personnage pour en faire un acteur plus impliqué dans le déroulement du film et en conséquence remodelé la trilogie de livres pour en condenser l'univers en un long métrage. La particularité aussi de cette série c'est qu'Arthur de  Pins la réalise totalement numériquement, sur une antique version d'Adobe Illustrator. Le passage à l'animation 3D a été facilité par ce rendu digital, certains éléments vectoriels ayant même été réutilisés dans des plans du pilote, le clip de Skip The Use.
Bon, les images montrées ne m'ont pas particulièrement séduites - j'avoue ne pas avoir dépassé le premier tome de la série - pas plus que le teaser qui annonce le film pour Halloween de cette année, ma fille, amatrice de la série, a eu l'air d'y trouver son compte.
 
La seconde conférence réunissait Benjamin Renner, Patrick Imbert et Didier Brunner pour évoquer l'adaptation du film le Grand méchant Renard. En fait de film il s'agit de trois courts métrages prévus comme des spéciaux TV mais finalement assemblés pour sortir au cinéma en cette fin du mois de Juin. Benjamin Renner est l'auteur des bandes dessinées dont les courts sont adaptés (Le Grand méchant Renard et un bébé à livrer), Didier Brunner est le producteur légendaire de Kirikou, des triplettes ou d'Ernest et Célestine (et donc de ce film), Patrick Imbert a réalisé un des trois films (le bébé à livrer).
Là, pardon, mais on a eu droit à une conférence captivante, bien introduite, illustrée, rythmée. Je suis un grand fan de Mr Renner, je trouve qu'à l'image d'un Alexandre Astier, il a su créer un univers singulier, un ton spirituel, sans vulgarité et d'une drôlerie que beaucoup d'auteurs peuvent lui envier. Comme en plus il a un dessin vif, simple, expressif, c'est un des hommes les plus talentueux de sa génération pour ce qui est de produire des films d'animation grands publics et pleins d'humour.
Encore une fois, l'auteur a parlé de la problématique de l'adaptation.
Dans la bande dessinée, Benjamin qui n'aime pas faire de décors se contente souvent de placer le contexte dans la première vignette puis de ne dessiner ensuite que les personnages, les dialogues et les interactions. Un procédé difficile à reproduire en animation. Surtout que les décors sont souvent minimalistes esquissés à l'aquarelle dans une large surface blanche. S'ils ont pensé un temps conserver le procédé de cadre ovale, Benjamin Renner a pris la décision d’adopter une attitude plus classiquement "dessin animé", avec des décors construits et prenant tout le cadre notamment pour éviter les soucis des plans nocturnes délicats à gérer sur fond blanc.
 
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" est-ce que quelqu'un peut récupérer Michel ? "

Un des autres soucis a été de différencier les trois poussins, identiques dans la bande dessinée, il a fallu leur donner des personnalités, vocales puis graphiques, plus cinématographiques. Le choix des voix a été soigneux et les petites intonations de Michel, le copain-poussin sont déjà devenues cultes pour moi ("bonjoumadaaame")... Sur l’adaptation graphique, le choix technique a été le même que sur Ernest et Célestine, une animation sur Flash, un outil simple et universel, image par image sans interpolation, une équipe resserrée d'une douzaine d'animateurs talentueux, un budget ridicule de moins de 4 millions d'euros. Et à voir la qualité de l'acting, l'expressivité des personnages, la qualité de l'adaptation (pas de surprise sur l'histoire qui est la même que dans les livres), j'avoue que j'ai hâte de voir le résultat, dussé-je partager la salle avec des hordes de gamins en sortie scolaire.
 

L'avenir nous dira donc si ces œuvres ont bénéficié de ce détournement de médium, passer de l'état de livre de bande dessinée à celui de film d'animation, si - pour une fois - le film sera aussi réussi, sans pour autant reléguer l’œuvre originale à l'état de sous-produit. Les auteurs étant ici à l’œuvre dans les deux cas, on aura du mal à les accuser de trahison.
 
Bon, voila, je voulais faire cet article depuis longtemps pour crier ma passion de la bande dessinée et du film d'animation en éructant ma haine pédante des amalgames et je me retrouve à grignoter mon chapeau au bout d'un texte confus et trop long.
 
Un jour peut-être je cracherai un fiel plus pur sur ces bandes dessinées qui adaptent des livres : l’étranger de Camus, Robinson Crusoe de DeFoe, Moby Dick de Melville... Non mais franchement... adapter des livres en livres ? Cela ne contribue-t-il pas à relayer la bande dessinée au rang de digest pour analphabètes, trop fainéants pour lire un livre sans images ? Oui mais ils ont déjà été adaptés au cinéma ces livres, et parfois pas par des tacherons (John Huston pour Moby Dick), pourquoi pas en bandes dessinées ? T'es qui pour juger de la pertinence de cette adaptation ? Et que penser des illustrations de Céline par Tardi ? Arrrhhh ! Ta gueule ! Tiens, au fait je n'ai pas le souvenir (à part chez Hergé qui s'est repris lui-même) d'avoir connaissance de remakes de BD... Un nouveau dessinateur qui refait un album ancien... Ni en cinéma d'animation d'ailleurs... Alors qu'en cinéma le procédé est presque courant... Y'aurait-il une spécificité de l'œuvre à aller chercher par là ?
 
Bon, le "roman graphique", ça c'est un sujet de colère authentique ! Associer un terme littéraire pour donner un vernis de sérieux à des bandes dessinées qui sans celui-ci seraient trop vulgaires pour que ces braves intellectuels daignent considérer ces objets comme de vrais livres ?! Didjuu...
 
Bon, je vais prendre une douche froide.
 
 

Il faut toujours citer ses sources, les albums cités :

La série Zombillenium, de Arthur de Pins est éditée chez Dupuis.
Le Grand méchant renard, de Benjamin Renner est édité par Delcourt dans la collection Shampooing.
Un bébé à livrer de Benjamin Renner est disponible chez Vraoum!, la première parution était signée du pseudonyme Reineke.
J'ai mis deux extraits de la géniale série du regretté Richard Thompson, Cul-de-Sac, éditée en France par Urban Comics.
Mort&Vif de Jef Hautot et David Prudhomme est paru chez Futuropolis.
Imbattable de Jousselin est paru chez Dupuis.
Le Rugby, de Guillaume Bouzart et Olivier Bras est paru chez Le Lombard, collection la petite bédéthèque des savoirs.
Renégat, d'Alex Baladi est paru chez The Hoochie Coochie.
Building Stories de Chris Ware a enfin été traduit chez Delcourt.
La série Le petit Spirou de Tome et Janry est paru chez Dupuis.
Les Kassos, de Balak, Chammas et Dos Santos est paru chez Delcourt.
L'arabe du futur de Riad Sattouf est paru chez Allary Editions.

Pour les autres références, cherchez par vous-mêmes...

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Uuuiiiii-glerglrr-Ïiiks...

pilori et gémonies

Excusez moi j'ai des reflux acides.

Je voulais parler d'UX.

De quoi ? D'UX.

User eXperience ça veut dire. Mais en fait ça veut rien dire, ou tout dire, c'est selon.

Mais les agences numériques et les créateurs ne font plus que ça, de l'UX, ils ne font plus de site internet, ni d'applications mobiles, voir de graphisme - trop vulgaire tout ça - ils font de l'UX, un nouveau terme un peu magique, un peu obscur, un acronyme-valise plein de mystère (le X, c'est mystérieux), d'anglicisme, d'expertise (pardons : d'eXpertise ! ), une peu coquin (grrrr... le XXX), c'est même les deux dernières lettres de JEUX, tiens... Pi c'est joli quand tu l'écris : y'a un petit récipient tout mignon à coté d'une jolie croix, genre c'est bien là que ça se passe, là où qu'y a la pitite croix.

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Ça n'est pourtant pas grand chose d'autre qu'une merde de bonimenteur de marché, bien clinquante pour le béotien amnésique trop facilement impressionnable. Ça serait brodé sur un costume de super héros que ça n'en aurait pas plus d'effet.

Parce que ces gens qui font de l'UX ne font jamais que la même chose que ce qu'ils faisaient l'année dernière quand ça ne s'appelait pas encore comme ça. Mais là, avec l'étiquette et l'expertise (facturée un peu plus cher), on croirait presque qu'ils font un truc révolutionnaire, moderne, qu'on n'avait jamais pensé avant, un truc de ouf, pro et tout.

UX et Transmédia sont dans un bateau

Tiens... C'est un peu comme le Transmédia. Peu importe que l'écriture trans-média ait existé depuis que les médias existent. Le personnage de Superman se déclinait déjà dans les années 1940 en dessins animés, comics, feuilletons radio, boites de céréales, mais il aura fallu que les tablettes numériques et autres réseaux sociaux fassent leur apparition pour que des génies acculturés nous sortent ça comme une nouveauté : le transmédia.

Et tant que durera cette petite mode bouffonne, pour avoir une subvention, pour lancer un projet, pour avoir la faveur des médias, il faudra être "trans", faire du moderne. Du moderne ancien. Mais moderne. Tu veux faire un film ? Un livre ? Allons, soit sérieux ; fait du transmédia coco.

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Petit exemple d'UX raté : ces sites veulent m'inciter à aller acheter chez eux mais commencent par m'insulter en me traitant de nul... Tout ça parce que leur algorithme n'a pas su repérer mon prénom dans mon adresse...

L'UX, le transmédia, sont à mettre dans le même sac merdeux que le design-thinking, les standup meetings, le responsive design, le flat design, le global design (y'a même un master de Global Design !) de ces dernières années, la disruption, les romans graphiques ou le multimédia des années 80, le marketing des années 60 ou même l'antique fonctionnalisme des années 20 encore qu'à celui-ci on puisse accorder un peu de nouveauté mais pas si sûr si on va chercher dans les prémices du design industriel au XIXe siècle. Ce sont pour la plupart des néologismes un peu pédants, un vernis de camelot qui n'a pour but que de faire passer des vessies analogiques pour des digital-lanterns deux point zéro un peu plus chères que les précédentes.

The best interface is no interface

Le pire étant que ce principe d'User eXperience, qui se targue de prendre la communication du coté de l'utilisateur (et avant, on l'ignorait l’utilisateur ? ho hé...), qui cherche à donner une cohérence entre les différents supports (et avant, on les gérait séparément ? Nan mais franchement...) ne fait le plus souvent que reproduire les mêmes schémas, les mêmes templates tendances, les mêmes fonctionnalités.

Il faut dire que c'est un des principes paradoxaux du design numérique connu depuis des lustres : si vous ne voulez pas que votre utilisateur (le U) soit décontenancé (et donc s'en aille), il faudra que l'expérience (le X) que vous lui proposez soit prévisible. En gros plus le design que vous proposez à U sera standardisé, connu, plus U se repérera, sera dans sa "zone de confort" comme on dit, et continuera à lorgner les tapis que vous voulez lui vendre.

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L'UX c'est ça : un truc de faignasses de hipsters.

Les spécialistes l'ont toujours dit : surtout pas d'originalité ou de nouveauté, réservées aux artistes foufous et aux créateurs de tendances très en avance. C’est pour ça que les premières icônes informatiques reprenaient la forme des fichiers suspendus ou des corbeilles de rangement des employés de bureau et des banquiers auxquels les premiers ordinateurs étaient destinés, c'est pour ça que l'agence d'UX va proposer la même soupe que celle du voisin avec quelques variations : le menu en haut qui se fixe quand on fait défiler la page, des grandes images sur toute la largeur, la mise en page très aérée, des gros boutons rectangulaires en bleu/rouge brique, un défilement différentiel, très peu de texte (non mais vous ne pensez pas que U va LIRE ? ha ha, soyons sérieux), juste quelques pictogrammes "flat design" standardisés et le tour est joué.

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On le voit bien sur la couverture de ce livre UX en couleurs bleu/brique : un site c'est un logo, un menu, des images et des textes... Révolutionnaire !

Ce qui est triste c'est donc que l'expertise de ces soi-disant spécialistes coïncide avec la généralisation du non-design, une standardisation des supports numériques où on assiste à la duplication de wordpress fainéants, reprenant quelques unes des petites nouveautés techniques, parallax scroll, carrousel, chargements asynchrones, animations CSS3...

Et on se rend compte que ce qui distingue un site internet ou une application ou même un jeu d'un autre, bin c'est le graphisme justement, la qualité des photos, des illustrations, les choix typo, les couleurs...

C'est probablement quelque chose dont les graphistes devraient se féliciter si le graphisme était considéré en ce bas monde.

 

 

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cucul bobo de lalaïka

pilori et gémonies

On va pas tortiller du croupion, Laika est quand même un des studios qui porte haut et fort les qualités artistiques de la technique stopmotion. Bon, en même temps c'est pas comme s'il y en avait des quantités, mais depuis Coraline, le studio a baissé progressivement en qualité, difficile en effet de maintenir celle de maître Selick.

J'ai bien aimé ParaNorman, qui joue avec intelligence sur les clichés du Teen Horror Movie avec des scènes vraiment fortes. BoxTroll m'a laissé un peu froid mais je reconnais sa fantaisie. Au moins adapter un auteur jeunesse de qualité (en l'occurrence ici Alan Snow) leur a évité le naufrage du suivant..Parce que Kubo m'a ennuyé et énervé. Les deux.
Pourquoi tant de hargne ?
Pourtant le film touche encore la perfection artistique. Le rendu des poils, les textures, les décors, l'animation, tout y est propre et beau. Trop, probablement. Je rejoindrai presque la chronique que j'avais jugée un peu passéiste de Desseins Animés parce que c'est vrai qu'avec la technique des impressions 3D, sur les visages notamment, l'animation gagne en perfection et perd un peu en humanité. Les communiqués de presse parlent de plus de 14 000 visages pour le seul personnage de Kubo. On est loin des quelques dizaines de bouches raccommodées à la plasticine des premiers Wallace et Gromit.
Si l'animation est faite en 3D pour être imprimée et placée sur des pantins, je ne vois plus trop l'intérêt sinon une sorte de matérialisme pervers. Bon, même Aardman fait comme ça maintenant, y'a pas offense, mais c'est vrai qu'on peut se poser la question.
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Non, ce qui me fait fulminer c'est l'affiche "meilleur film d'animation de l'année" que les andouilles du marketing ont cru bon de mettre dans les sucettes Decaux françaises. Une belle connerie.
Parce que franchement, le film est mauvais. Il est beau, certes, mais si ça suffisait à faire un bon film ça se saurait. Et l'année où on a vu La Tortue Rouge, où on attend Ma vie de Courgette, Louise en Hiver ou même Moana c'est simplement une belle connerie de formule de publicitaire décérébré, extraite d'un blog people sans aucune crédibilité.
Kubo et l'armure magique est un ramassis de clichés bourré d'incohérences artistiques et scénaristiques.
un plastron magique, un casque magique... et mon cul, il est magique ?
Je raconte en spoilant honteusement : un jeune garçon borgne a été sauvé par sa mère avec qui il vit. La séquence d'intro est franchement belle, dans une mer de tempête (3D), la mère fend son chemin d'un coup de guitare magique. Wow. Il se trouve que le grand père (magicien de la lune) voulait piquer les deux yeux du marmot pour... heu... je sais plus trop. Une histoire de jalousie je crois, le grand père étant aveugle.
Le truc c'est qu'il ne faut pas qu'il sorte la nuit sous la lune sinon il sera repéré par le pépé et ses méchantes filles (donc ses tantes). Pour gagner des sous il va mendier avec sa guitare magique. Première incohérence flagrante : il arrive le matin dans le village et embobine tellement la foule qu'elle en oublie de s'asseoir ou de manger jusqu'à la nuit tombante pour écouter une histoire qu'elle a déjà entendue plein de fois puisqu'elle la connaît par coeur ! D'autant que tout le monde trouve super normal qu'il parvienne à faire bouger des origamis avec la magie de son instrument (la guitare). En plus les origamis ne sont pas crédibles en tant que pliages de papier, trop fins, trop articulés, pour être trop réalistes bien sur... Mais bon...
Dans l'espoir de causer avec son père qu'il croit mort, il reste un soir un peu trop tard à une fête au cimetière et évidemment... ses méchantes tantes déboulent.
Sauvé par sa mère qui se sacrifie, le voila perdu dans une quête, accompagnée d'un singe, petite amulette qu'il portait dans sa poche qui s'est incarnée (en fait c'est sa mère... hé), à chercher les trois pièces d'une armure magique : plastron, casque et sabre. Armure qui devrait lui permettre de vaincre son grand père et donc d'avoir la paix.
Mouais.
Ils bivouaquent dans le corps d'une baleine. (Kwaaaa ? On ne sait pas pourquoi, ça doit être une trouvaille cinématographique mais dans le film, ça n'a AUCUN sens...)
Un scarabé-samourai déboule et se joint à eux (??!!?).
Viens, mon fils, nous allons dormir dans cette baleine morte... Heu.. t'es sure ?
Avec la guitare magique ils créent un bateau en feuilles mortes... Hu... Des feuilles genre érable. Un bateau pas spécialement typé. On est en Asie, tout est asiatique mais non, pas de jonque en bambou : une goélette en feuilles d'arbres... Pfff...
Bon, ça m'énerve de raconter. Le combat final contre le grand père monstre est peu convaincant, au moins les parents ne se réincarnent pas, c'est déjà ça.
 
Le film se cloture sur un générique 2D, très loin de celui de Ratatouille qui contrastait avec élégance avec le reste du film en 3D, là le film est élégant, le générique moche.
 
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Le film s'appelle Kubo and the two strings en anglais. Sauf que la guitare magique à TROIS cordes. Le personnage utilise bien un cheveu de sa mère comme une corde à la fin, mais la seconde corde qui reste dans le twist final, bin c'est une corde de la guitare (???!?!?!???!). Ou alors c'est la corde de l'arc du scarabé et j'ai pas bien vu... Ma femme me dit qu'il y a aussi un poil du singe... un loooong poil. Marrant que ça m'ait échappé... Mais le titre est juste incompréhensible. Enfin... si on lit le générique jusqu'au bout on voit que le réal, Travis Knight, dédie le film à ses "deux cordes : papa et maman" et on comprend donc vaguement la nunucherie qui sous-tend le film. 
Ha oui, parce que le scarabé samourai un peu débile, c'est le père en fait. Bin voyons. Y'a six personnages dans le film, donc forcément on s'en doutait un peu...
 
Bref. Infiniment déçu par ce film, pourtant tellement parfait techniquement, bousillé par une histoire convenue, stéréotypée et incohérente.
Encore plus énervé par le battage marketing qui arrose les blogs et youtoubeurs qui font des chroniques à fleurets mouchetés en soulignant la beauté technique et en glissant sur les faiblesses du scénario. Il n'y a plus de critique de film de nos jours et c’est bien dommage. Ou alors on ne veut pas attaquer de grands artistes, ce que sont assurément les équipes de Laika, ou alors les films pour enfant tout le monde s'en tape, et ça aussi c'est assez crédible.
Ça nous rappelle une fois de plus qu'un bon film  c'est une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire, comme le veux la formule de Jean Gabin.
 
 
 
 

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été teuton

ratiocinations et digressions

Petit compte rendu graphique de mes vacances familiales en Allemagne. Nous avons fait un long road-trip au départ de Lille. Pour une fois nous sommes partis vers le nord, passant par Anvers et Eindhoven pour rejoindre Hanovre où nous avons fait étape deux jours.

De quoi découvrir le musée Wilhelm Busch du dessin et de la caricature à Hanovre. On est tombé sur une expo temporarie sur la caricature française mais le fond permanent est également très riche.

Hannover - Berlin - Mainz

Le but du voyage était Berlin où nous avons passé une semaine. Pour une fois j'ai ressorti un peu le carnet pour prendre quelques croquis, surtout pour donner l'exemple à ma fille qui devait le faire pour l'école.

Au retour nous avons fait étape à Mayence, pour visiter le musée Gutenberg, un peu vieillot mais proposant des pièces magnifiques. Ils ont notamment trois bibles à 42 lignes présentées dans un coffre fort, premier livre imprimé dont il ne reste que 44 exemplaires au monde...

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Berlin m'a beaucoup plu, nous n'avons pas fait énormément de musées mais profitté surtout pour visiter en vélo, aller dans les innombrables restos de la ville. J'ai découvert une Allemagne assez éloignée de mes souvenirs de voyages linguistiques des années 80. Dans quelle autre ville au monde peut-on croiser une rue de la commune de Paris croisant une avenue Karl Marx ?
Je conseille quand même le musée des choses, un étonnant fourre-tout d'objets manufacturés à partir du XIXe. On a aussi mangé dans un restaurant coréen, le Kimchi Princess qui vaut le détour, les deux sont d'ailleurs assez proches l'un de l'autre.

 

J'ai été assez fasciné par l'habitude étrange des affichistes, visiblement tolérée par la municipalité, d'enduire les fûts des poteaux de lampadaires d'une épaisseur impressionnante de couches d'affiches de spectacles... Vu la largeur de l'ensemble, ça doit bien dater de quelques années, les fûts ainsi constitués servant par ailleurs aux berlinois pour poser divers objets, verres, bouteilles, cendriers...

 

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Le retour de la variole

miettes et broutilles

J'ai beaucoup joué à The Division, la nouvelle license d'Ubisoft, comme j'ai beaucoup joué à Destiny, auquel il ressemble beaucoup.

un TPS dans un NewYork givré

Le compteur de Steam m'indique 164 heures, ce qui est encore loin de The Elder Scroll Online et ses 258 heures... J'ai gouté à l'univers d'anticipation eschatologique, le jeu prenant comme point de départ le retour de la variole, cette sympathique maladie qui tuait une personne sur trois, défigurait les autres et qui a participé au génocide amérindien. Disparue de la surface du globe en 1974, la maladie a assez peu de chance de ressurgir, puisqu'il me semble que même les souches conservées pour les vaccins ont été détruites, néanmoins le point de départ est donc que la population mondiale est décimée, NewYork (oui... bon...) est aux prises de bandits, pilleurs, illuminés ou sectes paramilitaires, vous faites partie d'une société secrète de justiciers (la fameuse division) qui va pacifier tout ce petit monde à grand renfort de munitions.

Les scènes de charniers sont induites par le scénario mais finalement les développeurs n'ont à mon avis pas abusé de la chose pour sombrer dans le gore que je dénonçais précédemment. Les corps sont souvent entassés dans des sacs, il y a néanmoins quelques scènes de violence un peu gratuite que je m'empresse de relever à chaque fois, vous connaissez ma petite perversion. Voici donc quelques captures du jeu.

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Voici la petite critique que j'ai écrite une fois le jeu fini.

Pas très original dans son principe de pandémie terroriste new-yorkaise, The Division a quand même su me captiver par son habile mise en scène et sa direction artistique. Ma note est donc proportionnelle au temps passé et au plaisir pris.
Les missions sont bien balancées, le décor est réaliste (ces matériels de confinement, sac à cadavres disséminés, espaces abandonnés...) et une vraie réussite artistique, ce qui fait que j'ai rarement vécu une telle immersion dans le post-apocalyptique noir. On retrouve les mêmes qualités et les mêmes défauts que Destiny : refaire les mêmes missions jusqu'à la nausée, boss qui ne diffèrent des autres méchants que par la quantité de munition dont il faut les farcir pour les dézinguer, cumuler patiemment des crédits pour générer la ressource qui vous permet de produire le bidule qui permet de créer le machin qui vous sert à avoir une arme plus dévastatrice. L'épluchage des stats et des ressources est tout aussi casse-tête.

La Dark-zone est une bonne idée mais c'est vrai qu'elle se peuple hélas de joueurs indélicats qui bougent en grappes et vous dézinguent en one-shot sans que vous puissiez comprendre pourquoi... Pas bien fun...

Le jeu restera un bon moment, long et dense, beau et bien conçu, je l'ai exploré de long en large. Moins beau que Destiny, plus proche de nous avec son ambiance espionnage/anticipation, plus accessible.

En plus je tire mon chapeau à tous ces personnages qui courent sur des trottoirs neigeux, glacés ou trempés sans JAMAIS glisser ni se casser la gueule...

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la queue sur le billard

ratiocinations et digressions

Certes le titre est scabreux mais je ne peux résister à un calembour facile car oui, je vais parler maintenant de chirurgie génitale comme je l'avais promis, zizi et bistouri aurait pu coller aussi.

Sujet peu courant en fait mais comme j'ai récemment eu une seconde opération à cet endroit de mon corps et qu'il y a finalement assez peu de témoignages sur le sujet (remarque j'ai pas vraiment cherché), je me dis que ça peut être utile à quelques lecteurs(trices) qui tomberaient dessus par recherche fortuite, je ne pense pas que le sujet soit très recherché ni putaclic mais bon, je verrai si ça fait péter les stats... Et puis si on entend parler d'hyménoplastie ou de chirurgie des grandes lèvres chez les femmes, la chirurgie génitale masculine a assez peu de presse.

ronger son frein

La première intervention de chirurgie pénienne que j'ai eue date d'il y a plus de vingt ans. Quand j'ai commencé à avoir des relations sexuelles impliquant la participation de personnes tierces, ou comme Brassens chantait "à l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus" (en l’occurrence et pour ceux que ça intéresse, ces tierces personnes étaient toutes de sexe féminin. Je pense que le problème eut été plus radical encore si ça avait été de l'autre genre, mais après tout, je n'en sais rien...) je me suis rendu compte de sensations assez désagréables de tiraillements à la base du gland. Une chose à laquelle j'ai porté assez peu d'attention ou qui disons le plutôt, passait au second plan derrière l'excitation sexuelle. Disons le aussi, les dames avec lesquelles j'ai joué au début, jeunes comme je l'étais, avaient des - hmmm disons pour n'être pas trop vulgaire - proportions étroites, ou une lubrification insuffisante (en y réfléchissant je me demande... non, je ne vais pas trop y réfléchir...) qui faisaient que mon membre - de proportions tout ce qu'il y a de plus moyennes - tiraillait à la pénétration. Les premiers émois sont aussi les plus maladroits, la technique, je dirais même la géométrie corporelle balbutiante (angles, positions...) ne m'ont pas permis de repérer le problème rapidement.

C'est lors d'une partie de galipette que j'ai ressorti mon pénis ensanglanté du vagin de ma copine. Cette dernière a cru que ça venait d'elle mais en fait non. C'était bien moi qui saignait, le frein du pénis s'étant déchiré.

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J'en profite pour placer ici les recherches de pictogrammes de pénis que j'ai fait pour l'épisode#7 d'H2E, devant représenter l'émasculation de l'Amiral de Coligny. Aucun ne m'a semblé satisfaisant et j'ai décidé d'opter pour le plus simple et le plus évident, le plus à droite.

Le frein c'est le petit bout de peau, assez étroit, qui retient le prépuce à la base du pénis, en dessous du gland. Et donc le mien était trop court. Notons que si j'avais été circoncis, le problème n'aurait probablement pas eu lieu, même si je me félicite en lisant cet article de ne pas l'être... Le médecin de famille à qui j'ai montré la chose m'a conseillé de faire une petite intervention chirurgicale pour être plus à l'aise. J'ai suivi son conseil et à 19-20 ans j'ai pris tout seul rendez-vous dans une clinique privée de ma région pour l'opération.

Bizarrement je me souviens très bien de l'opération, pas seulement pour le bénéfice qui a suivi mais pour le bistouri électrique qu'a utilisé le chirurgien. Réalisée en anesthésie locale, je n'ai rien vu mais j'ai entendu les claquements secs du bistouri et senti la chair brûlée ("mais putain il me crame la bite ce con ?"). L'avantage de la technique c'est la cautérisation par brûlure de la plaie et donc pas de saignement. Je suis ressorti très rapidement de la clinique, une grosse poupée autour du nœud. J'ignore si c'était pour me rassurer mais le chirurgien m'a dit que c'était une opération très banale et qu'il en faisait trois par jour, ce qui m'a un peu étonné mais c'est vrai que j'ai rarement parlé d'un tel sujet avec quiconque, difficile donc d'en connaitre les statistiques, une petite recherche sur le net me dit qu'il s'agit d'une plastie du frein préputial mais sans plus de détails sur sa fréquence.

Mouais.

vas-y tommy !

La seconde opération, vingt ans plus tard a un nom plus connu, même si ses modalités le sont moins : la vasectomie.

Là ça commence par une envie chez ma femme. Douze ans après la naissance de notre second enfant, elle doit renouveler son stérilet et ça la gave, elle a envie de reprendre un cycle normal et d’arrêter de s'emmerder avec ces histoires de contraception. Le problème c'est qu'elle a encore une dizaine d'années de fécondité en réserve dans son horloge biologique. Sa gynéco lui parle de vasectomie, elle me dit "t'en pense quoi ?", j'ui réponds "bin ouais, pourquoi pas ?".

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Je me suis vu un peu tel le chevalier servant, donnant à la dame de ses pensées le gage ultime de l'amour et de la fidélité : arrêter de façon irréversible ma propre fécondité pour garantir que je n'irai pas créer un autre nid rempli de rejetons ailleurs. Plus sérieusement je me suis dit que si, sur nos vingt cinq ans de vie commune, elle s'était fadée la responsabilité de la contraception de notre couple, je pouvais bien prendre le relai pour les dix années de fécondité qu'il lui restait. Et on serait encore loin de l'égalité. D'autant qu'à quarante quatre ans, je me vois mal procréer de nouveau avec une jeunesse, mon épouse ayant passé le délai généralement admis pour une procréation sans risque.

Pour faire des enfants, il vaut mieux être jeune, ou avoir de l'argent pour payer des gens qui s'en occupent. En tous cas nous, deux ça nous suffit.

La réflexion a donc été rapide.

Contrairement à toutes les démarches que j'ai ensuite dû faire.

Entre la décision prise en ma conscience (je n'ai pas d'âme) et la constatation de l'efficacité de l'opération, il s'est bien passé un an et demi : premièrement prise de rendez-vous chez l'andrologue, le spécialiste qui s'occupe de ces choses là. Délai : trois à quatre mois. Séance d'information, papiers à signer et délai légal de réflexion de quatre mois (des fois que vous changiez d'avis... l'administration française à des procédures d'une bêtise...). Dans la procédure on vous propose de faire un prélèvement de sperme que j'ai refusé pour une éventuelle FIV ultérieure, l'opération étant réputée irréversible. Rendez-vous avec l'anesthésiste. Opération. Petit délai pour rétablissement et réalisation d'un spermogramme de vérification, rendez-vous final chez l'andrologue (délai à chaque fois : ils sont très occupés) qui regarde tout ça et vous déclare enfin stérile. Hop, ça y est chérie tu peux virer tout le bouzin, je m'occupe de tout.

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L'opération ? Assez simple. Elle consiste en la section et la ligature des canaux déférents dans le scrotum (la bourse y disent... C'est moche je trouve, plus moche que couilles). Il faut savoir que les testicules ne produisent QUE les spermatozoïdes. L'expression vulgaire et que j'aborre de se "vider les couilles" est donc d'une connerie crasse en plus d'être d'une grand vulgarité. Les spermatozoïdes sont produits à 33°, ce qui nécessite que les testicules soient placés en dehors du corps, plus chaud. C'est d'ailleurs un des procédés de contraception masculin : le slip chauffant ou celui qui relève les testicules pour qu'ils soient chauffés par le corps.

Il faut une incision de chaque coté, les deux testicules étant dans des compartiments séparés (sinon ils s’emmêleraient, hé...). Chaque incision fait cinq millimètres, la cicatrice est ensuite totalement invisible, la peau du scrotum ayant d'étonnantes propriétés (on a tous observé les fascinants courants de contraction qui l'agitent quand on souffle dessus au repos...).

L'opération devait avoir lieu sous anesthésie locale mais l'anesthésiste a eu la main un peu lourde, ou n'a pas voulu s'emmerder, et j'ai perdu totalement connaissance. Les parties sont rasées avant l'opération, vous vous retrouvez après avec un sexe de pornstar mais le scrotum violacé et des strips collants en deux endroits.

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Je suis sorti le jour même de l'opération et j'ai pu travailler le lendemain mais il faut avouer que pendant une bonne semaine vous vous levez avec l'impression qu'on vous a flanqué un bon coup de pied dans les roustons pour vous réveiller. Les points se sont aussi un peu infectés mais rien de grave. Un mois après tout est rentré dans l'ordre.

Le plus étonnant c'est qu'ensuite rien n'a changé. J'ai constaté que la semence émise n'avait en rien changé en terme de consistance, de couleur ou de volume. Wikipedia m'apprend que ce que produisent les testicules compose moins de 20% de la semence masculine, les spermatozoïdes 3%... Mais aussi pour tout le reste : désir, érection, libido, vie sexuelle, tout est resté inchangé. Je ne me suis pas senti pour autant augmenté d'un pouvoir de baiser à tort et à travers en toute sécurité comme j'ai pu le lire dans les rares témoignages de vasectomisés. En fait rien n'a changé DU TOUT. Les spermatozoïdes sont toujours produits mais ne sont plus acheminés dans les réservoirs spermatiques autours de la prostate, ils se déversent dans le corps et sont retraités par "la plus efficace machine de recyclage qui soit" comme me l'a dit l'andrologue.

La vasectomie est une opération courante dans les pays anglo-saxons réalisée par 15 à 20% des hommes, en France, ça reste un choix peu courant et qui n'a été légalisé qu'en 2001. Je ne milite pas spécialement pour mais j'essaie juste de témoigner pour éviter les amalgames crétins et les contre-vérités, je n'ai pas changé de voix, perdu ma barbe ou une quelconque virilité - si tant est que j'en ai jamais eu. Tout est exactement pareil qu'avant l'intervention, mais maintenant je ne peux plus faire d'enfants. M'en fout j'en ai déjà deux, et des beaux !

Allez, pour terminer, un rébus de salle de garde, transmis par un enseignant quand j'étais encore à l'école Boulle et qui nécessite un peu de vocabulaire...

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Réponse du rébus : un sous dard, nœud, vit, queue, deux rats, pine, zob, Seine. "Un soudard ne vit que de rapines obscènes".

 

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Blutch !

nues et piédestaux

 

le grand Christian

Je me permets d'exprimer ici, en même temps que ma grande admiration pour son travail, l'étonnement qui est le mien à l'ignorance que la plupart de mes étudiants ont de son existence.

Et pourtant Blutch est haut placé dans mon panthéon personnel.

 
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Son trait vigoureux et juste, ses dessins laissant voir la trace de l'outil graphique (pinceau, plume, crayon...), l'expressivité de ses personnages féminins d'une incroyable sensualité, ces hommes trapus, ces gueules griffonnées... Question virtuosité il se pose comme un dessinateur de premier plan, libérant la forme et le fond, bien plus que les Wendling ou autre Guarnido.
Pour pas mal de lecteurs de ma génération c'est un peu l'auteur qui a incarné le tournant des années 1990-2000 ses productions accompagnant la modification progressive des regards sur la bande dessinée contemporaine des médias et du grand public.

Il exprime pourtant ce parcours d'une manière lucide dans une interview

Au lycée, on m'a dit que la bande dessinée c'était le rock, Plus tard, on m'a dit que c'était le jazz. Après on m'a dit que la bande dessinée c'était le cinéma, puis de la littérature, et aujourd’hui on me dit que c'est de l'art contemporain. C'est toujours tout sauf de la BD. (1)
 
Mille sabords !
Je me souviens très précisément de son arrivée dans le mensuel Fluide Glacial. C'était par le biais d'un concours de jeunes talents que le journal a lancé au milieu des années 1980. Le premier prix était attribué à une bande dessinée de quatre ou six planches (mes souvenirs manquent de précision (2)) qui parodiait Hergé de façon intelligente et drôle : les personnages étaient des acteurs qui jouaient devant le réalisateur Georges Remy. L'histoire prenait l'exemple d'une page du Temple du Soleil (le gag du capitaine et du piment) pour développer la farce et se terminait par une interview de l'acteur glabre du capitaine Haddock à l’aéroport... Une histoire très drôle, un hommage parodique au patrimoine universel du genre, avec un dessin d'une belle virtuosité mais sans la ligne claire figée, et - déjà - des références au cinéma. [EDIT] Hé bin voila, je l'ai trouvée cette histoire, 4 pages publiées en 1988 dans le N°142 (coverture de Binet). Je les aies scannées, les voici...
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Les dirigeants du magazine ne s'y sont pas trompés en primant ce jeune dessinateur strasbourgeois qui a pris le pseudonyme d'un personnage de bande dessinée, le caporal magouilleur des Tuniques bleues : Blutch.
 
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Fraichement diplômé des arts décoratifs de Strasbourg il a intégré l'équipe de Fluide et commencé à publier des histoires avec des thèmes assez nouveaux et une liberté graphique qui m'impressionnait. Parodique encore, reprenant des univers cinématographiques - polar, western, mixés avec la culture populaire de Picsou magazine, Blutch a fait son trou et développé divers univers dont celui d'un personnage féminin ; Sunnymoon, habitante de Donaldville qui croise aussi bien le petit prince que Gene Kelly ou Paul Newmann.

Lacan, Mitchum et Pifou
Je ne vais pas recenser toute sa bibliographie - pas si large que ça - mais à chaque fois j'ai été fasciné par une liberté et une maturité dans des livres qui ont pris parfois des formes très libres ; carnets de note publiés - comme la série Mitchum parue chez Cornélius ou ses notes pour Peplum, recherches pour son adaptation du Satyricon de Vitruve parue également chez Cornelius, farces, série commerciale (Donjon), autobiographie...
Personnellement, en grand amateur d'autodérision et de Fluide Glacial, j'adore sa série Blotch dans laquelle il se représente sous les traits d'un dessinateur des années 30, vulgaire, bedonnant, hautain, veule et pleutre, un odieux réactionnaire dont l'humour se déguste au énième degré, féroce.
Évidemment il faut lire son Petit Christian, autobiographie géniale en deux volumes qui sent bon la fin des années 70, le plus accessible de ses livres, édité à l'Association, probablement le plus lu aussi de sa bibliographie.
 
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Navigant sans y être pleinement attaché parmis les grands éditeurs des années 90, l’Association, Cornelius, Dupuis (Aire Libre), Dargaud, il a peu publié si on le compare à d'autres auteurs plus prolifiques.
Dans ces dernières années, il a publié des livres assez singuliers, déroutants même, n'hésitant pas à explorer des thèmes un peu malsains ; sexualité, animalité, obsessions morbides, séparation... Avec des techniques variées, encre, crayon, rehaussés ou non, en couleur ou pas. Paru en 2014, Lune l'envers est un livre de bande dessinée qu'on pourrait rapprocher de la bizarrerie littéraire d'un Boris Vian. Blutch s'y met une fois de plus en scène comme un personnage narcissique et colérique, dans un univers à la réalité décalée.
 
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Il a aussi partiellement réalisé un épisode du film d'animation Peur[s] du noir, faisant doubler par son propre fils le gamin dévoré par des chiens dont il double le propriétaire.
Petite curiosité aussi, Blutch joue un des personnages principaux de Villemolle81, long métrage de Winchluss (Vincent Paronnaud), parodique des reportages régionaux de France 3 mélangé à un film de zombies. Il joue de façon assez convaincante le reporter servile.
 
Récemment le Pacha a été republié, si le livre témoigne bien de toute la palette de talents graphique de l'illustrateur, le thème et le livre sont trop obscurs pour que je le conseille, si vous trouvez Pour en finir avec le cinéma ou Total Jazz, un recueil de planches réalisées pour le magazine Jazzman, n'hésitez surtout pas. Peut-être que c'est aussi un auteur qui a simplement accompagné mon évolution dans l'approche de la bande dessinée, passant de Morris et Peyo à Spiegelmann et Menu. En tous cas pour moi il est important, précurseur de Larcenet ou de Blain, et je guette avec patience ses publications.
Le dernier livre publié, Vue sur le lac, éditions Dargaud, est un recueil de dessins, qui comprend entre autre des dessins publiés après le massacre de Charlie Hebdo.
 
Bref, Lisez Blutch !
 

(1) cité dans Éclaircies sur le Terrain vague de Christian Rosset, édition l'Association 2015. On pourrait reparler du travail critique de C. Rosset, ses livres sont assez passionnants même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui. Je trouve en particulier qu'il convoque un peu trop souvent Lacan ou Deleuze dans des proses parfois ampoulées et je ne suis pas d'accord avec le rapprochement qu'il fait un peu trop souvent entre bande dessinée et Art contemporain. Une autre chose avec laquelle j'ai du mal c’est qu'il ne parle que de ce qu'il aime, une critique qu'il veut positive. Il faut donc chercher la vraie critique - celle qui dénonce - en creux, dans ce qu'il n'évoque pas, ce que je trouve un peu faux-cul. Mais il y a tellement peu de personnes qui parlent avec sincérité et intelligence de bande dessinée, qu'il ne faut passer à coté de ses émissions et de ses livres.

(2) Je pensais retrouver l'histoire dans ma collection de Fluides mais malheureusement je n'ai pas ce numéro de 1988 et je ne parviens pas à trouver les pages en ligne. Si un lecteur les a, je serais curieux de les relire et de les rappeler ici.

Petite bibliographie sélective : Blotch est paru chez Fluide, un recueil rassemble l'intégrale. Total Jazz est paru chez Cornelius, le Petit Christian chez l'Association, un coffret rassemble aussi les deux tomes, Lune L'envers chez Dargaud.

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Urologie#2 : l'effet Coanda

ratiocinations et digressions
Voici donc le second billet du pipi.
 
Je voulais parler d'un soucis de water assez commun et pour lequel la gent masculine est souvent l'objet de quolibets voire d'insultes quand ça n'est pas un objet de divorce.
 
de l'arrosage des bouts de souliers
J'en parle d'autant plus volontiers que c'est moi qui - en mon logis - nettoie le plus souvent les toilettes, je ne me sens donc pas spécialement fautif en ce qui concerne les conséquences de ce dont je vais parler ici.
 
Car oui, je veux bien évidemment parler de l'aptitude que nos mâles appendices ont à foutre de la pisse partout quand on urine.
 
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Les stratégies industrielles n'ont pas manqué : mouches sérigraphiées dans la cuvettes, fausses traces de caca imprimées, la malédiction persiste quand même...
 
Je voulais rappeler aux dames que si l'appareil urinaire masculin est externe, la physique des fluides est notre pire ennemi : la nature nous a pourvu de la faculté de pisser facilement (voir billet précédent) mais elle s'est jouée de nous en faisant en sorte que nous en foutions partout.
Pas mal de raisons mécaniques ; le prépuce chiffonné, le pli du méat un peu torve ou le jet irrégulier (puissant en début et qui se tarit progressivement). Faites donc l'essai quand vous arrosez vos plantes (sans embout ni pistolet, je précise, avec juste un embout pincé) de ne pas mettre ne serait-ce qu'une goutte en dehors de ce que vous visez et vous vous rendrez compte que ce que nous faisons quotidiennement n'est finalement pas si maladroit que ça, en soit c'est même un petit exploit d'en mettre si peu à coté.
 
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Le pire étant quand, mal réveillé, le matin, un prépuce un peu collé, la visée approximative, la vigilance encore cotonneuse, vous devez affronter un soudain jet double qui part avec vigueur asperger les cotés sans rien mettre de l'urine odorante (la plus concentrée, celle de la nuit) dans la cuvette. Difficile de redresser le tir, il y a bien la technique du fusil à pompe, calotter-décalotter-recalotter pour dégager les voies, mais le pire est souvent fait et on en rajoute encore un peu plus.
 
Henri Coanda, ingénieur Roumain

 

 

Il y a encore l'effet "théière", scientifiquement appelé effet Coanda : bifurcation stationnaire dans un écoulement fluide. C'est la loi qui fait qu'une petite anfractuosité ou un rebord un peu trop courbe peut dissocier le flux liquide qui va traitreusement envoyer un petit filet sur le coté. Terrible et retors, le pire étant que le filet en question reste souvent en dessous, caché par la perspective et c'est quand on remballe le serpent de pantalon (trouser-snake), comme disent nos amis anglais, qu'on se rend compte qu'on a le bout des chaussures ou le devant de la cuvette aspergé.
 
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Les plus consciencieux épongent avec du PQ, les autres s'en foutent.
Ceci explique le design ce certains urinoirs avec leur bec un peu en avant, comme sur la fameuse fontaine de Duchamp qui - rappelons le - est présentée à l'envers évidemment.
 
Ceci explique aussi l'insupportable état des toilettes pour homme, bouquet odorant et glissant d'urines diverses. Z'avez qu'à pisser assis. Bin oui mais non... si on PEUT pisser debout, en ouvrant simplement sa braguette, on ne va pas se désaper à moitié pour quelques secondes...
 
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Terminons donc ces digressions urinaires par quelques curiosités.
J'avais été interpelé en République Tchèque par des publicités du meilleur effet placées DANS les urinoirs. Les publicitaires déployant des trésors d'inventivité pour utiliser les territoires fortement sexués. Pas de danger qu'une personne du mauvais sexe (en terme de ciblage bien sur) ne voit ce qui est placé dans les toilettes, la plupart du temps réservés à un genre. C'est donc le territoire idéal pour faire des pubs pour le foot, les pompiers, la bière ou des services érotico-sexuels.
 
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La classe.
 
La prochaine fois je vous parlerai de chirurgie génitale. Ha ha... Teasing de ouf.

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